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30 juli Itinérêves... Mes articles
La revue Itinérêves a été publiée de début 1998 à la fin 1999. Le rédacteur en chef, Daniel Semré est médecin, engagé dans le combat contre le SIDA avec l'association Sol en Si. Il avait ouvert à cette époque là le premier cyber café du Vieux Nice. Nous y dégustions toutes sortes de thés et de cafés rapportés de ses nombreux voyages humanitaires en écoutant des disques des world music qu'il vendait également pendant que dans la petite pièce du fond les gens tapotaient sur les claviers. A l'heure de la sortie des classes, Daniel animait des séances d'initiation au net pour les jeunes ainsi que des moments d'aide aux devoirs, tout cela bénévolement par simple amitié pour le voisinage. De ce bouillon de culture, des amis de passage avec qui nous nous atablions pour écouter leurs récits de voyages, avec les talents d'écriture et de dessinateurs des un et des autres nous avons créé un magazine dédié au voyage et à ses six sens dont le sixième est le rêve. Nous le vendions au cyber café, lui même nommé "Toute Lattitude à l'Aventure", et aussi par un système d'abonnement.
Puis la vie a séparé certains chemins et "Itinérêves" est devenu notre plus beau voyage commun... mais nous n'avons peut-être pas encore dit notre dernier mot!!
à suivre...
Article Itinérêves n°14 (Janvier 1999)
En écoutant l’album de Bratsch ( gypsy music from the heart of Europe)
Frissons infinis et profonds. Notes du coeur, corps vibrants, violons. Pleurs éternels d’un peuple orphelin. Accordéon qui geint, guitare qui rassure. Chaleur et souffrance. Joie désespérée, parce qu’il faut bien vivre. Colère muette de ceux qu’on n’entend pas. Complainte dans le vent. Tourbillon. Ame universelle des Tziganes croisés à chaque coin de vie. Derviches fous qui tournent, belles gitanes qui emportent nos rêves dans les plis de leurs robes. Voix rauques qui ont vécu. Message du cœur du monde, profond et sombre. Soleil éclatant du jour qui naît. Humains tout simplement, intimement humains et vivants. Gitans du fond des siècles, Tziganes aux mille songes.
Et l’oiseau-clarinette apprivoisé lentement par Nano Peylet qui, léger, raconte la mélodie du temps. Puis les notes d’Orient tournoyant sur les mots et les cordes de Dan Garibian. Tour du monde nomade. Paroles caressant l’âme. Ame qui vit et qui meurt dans un sanglot long du violon de Bruno Girard posant son archer mélancolique sur l’épaule de l’accordéon tendrement napolitain de François Castiello. Contrebasse basse et sourde qui sous les doigts câlins de Pierre Jaquet fait danser l’esprit libre oscillant entre jazz et musette, s’envolant au gré d’une tarentelle pour fondre en larme dans un chant juif. Peuples divers, même ressenti. Métissage heureusement incontrôlé de cultures nombreuses et variées. Transformation à l’envie et au plaisir par le temps qu’il fait, le village où l’on passe ou cette femme aperçue et perdue à jamais et qui laisse à la bouche ce goût de pas assez. Musique caméléon sans maître ni patrie, que tout le monde possède, que nul ne revandique. Chacun se l’approprie et plus tard la partage, avec ses notes à lui, avec ses yeux d’enfant. Bonheur de ce qu’on ne peut emprisonner mais dont on jouit à n’en plus finir. Musique-graine-germée qui partout où elle vole laisse sa trace frêle et qui au lendemain saura nourrir les hommes. Voix des hommes qui aiment, voix des hommes sans chaînes. Sons lourds et angoissés. Sons légers et gais. Musique du cœur qui marche et pose l’empreinte de ses larmes fraîches au creux du sable des chemins. Réminiscences indiennes, chaînette d’or aux pieds, battant le rythme de nos pas dansants. Amour profond du vivant, au ventre d’une note.
Article Itinérêves n°14 ( Janvier 1999 )
Bulle marine
Lever de soleil en rade de Villefranche. Neuf heures du matin. Pas un bruit. Deux bras amis, deux bras amants, deux bras aimants, doux et tendres. Mer d’huile, clapotis tranquilles d’une eau sage qui s’éveille. Vagues remous caressant la plage. Graviers promenés, rochers effleurés. Quelques rares voiliers au loin. Deux voitures. Un enfant joue au ballon. Un chien le lui dispute… et puis plus rien. Le silence léger des instants fragiles. Son souffle dans mon cou… calme, régulier. Sa main sur la mienne délicatement rassurante. Un air frais de nouveau jour. De la citadelle à la plage de Passable mon esprit vacille, s’envole et chavire. Mois de décembre bien doux et clair. Un vol de mouettes passe sur nous, criant, blanc dans le bleu du ciel à peine moucheté de petits nuages. Des anges. Odeurs salées et humides qui montent d’entre les rochers. Enivrement des sens, paix de l’esprit abandonné au rêve libre et nomade. Bien-être infini, une larme aux paupières. Hurlement silencieux d’un cœur qui ne sait plus parler et réapprend à vivre. D’une âme libérée qui a perdu ses angoisses et se trouve égarée. Ma tête roule sur son épaule. Ses yeux dans les miens. Tout un monde en moi dont il ne se doute pas. Tout un monde en lui que je ne saurai pas. Et la féerie de nos incompréhensions unies en cohérence. Transparence d’un temps infime, repères perdus, détournement de réalité. Prolonger les secondes. Et ce ciel, profond, inexorable et bienveillant. Silences respectés. Trop peur de rompre le charme ténu. Le soleil est levé à présent et monte à l’horizon, tendre, presque pastel et tellement lumineux. Villefranche, berceau de douceur. Pas tout à fait passée mais pas vraiment présente. Espace incertain entre hier et demain. Touristique te rutilante. Profonde et envoûtante. Et Cocteau en son sein. Sa marque si présente. Transcendance de la beauté originelle de anse discrète, creusée dans les terres. Chapelle dentelée, bleutée, rosée. Religion de l’esthétique, croyances magnifiées. Son petit part encore vierge. Ses pécheurs pittoresques, attendrissants, mémoire vivante du passé et du présent. Et plus loin derrière, à flanc de route, les collines : le Mont Boron, le Mont Leuze puis le Mont Vinaigrier et la falaise eziasque. Puis en fond de rade, Saint-Jean-Cap-Ferrat. Un décor de cinéma qui a peine à croire à sa propre réalité. Villefranche où tout semble possible, où le « oui » l’emporte sur tous les « non ». Villefranche enchanteresse où tout commence. Et lui. Et moi.impression fugace d’être plus beaux, plus grands qu’ailleurs. Plus forts aussi. Régénérés par tant de grâce, œuvres d’art parmi d’autres. Tout est tellement limpide que rien de mal ne semble pouvoir arriver. Tous nos contes de fées n’ont qu’à bien se tenir et n’en déplaise à la grande Barbara « Il était un fois » ne commence pas à Göttingen mais, ce matin, pour nous, il commence bien à Villefranche. Cependant elle avait raison : ici même le noir est couleur de lumière. Et le plus désespéré des pleurs ne saurait être tout à fait triste. Tout un monde de « pourquoi pas » accroché à si peu. Le ciel a rejoint la mer et on ne saurait dire à cette heure s’il tombe sur elle ou si elle monte vers lui. L’horizon n’est plus qu’un songe doré, une apparition lointaine, un souffle, une idée…
Article Itinérêves n°21 ( Août 1999 )
Les yeux ouverts
C’est un jour comme les autres, un peu plus ensoleillé peut-être. Et pourtant, quelque chosa a changé, imperceptiblement, une vibration dans l’air, qu’hier on ne sentait pas. Peut-être ces feuilles qui trembles à l’arbre maigre, comme une robe légère qui frémit sur la jambe. Peut-être ces oiseaux qu’on ne parvient pas à voir mais dont le chant embaume l’air matinal en fines touches de si ou de la. Ce grand soleil qui réchauffe soudain, vibrant au dessus du chemin, en flaque d’or vif glissant entre les rêves. Cette enfant qui joue, tellement libre, ignorant le regard d’autrui, dans cette douceur alanguie et rayonnante. Oui, c’est ça, un jour comme les autres. Mais tellement plus beau que tous les précédents. Un jour comme tant d’autres qui ne ressemble à rien de connu. Une terre nouvelle.
Serais-ce moi qui ai changé ? Moi ? Impossible ! Et pourtant hier était si gris, si triste, figé dans les glaces effrayantes du doute et des questions sans réponse. Où sont-elles passées ce matin ces glaces inextricables ? Fondues ? Ecoulées en eaux claires jusqu’à la rivière scintillante et joyeuse ? Des chagrins d’autrefois, il ne reste aujourd’hui que de vagues souvenirs. Retomber en enfance innocemment, sous l’œil bienveillant du soleil. Retrouver cette insolence dormante des premières années, se rouler dans l’herbe jeune, se tacher de bonheur. Régresser pour quelques heures ou pour toujours, dans cette tendre inconscience trop longtemps oubliée, au nom de quoi ? L’air tremble, emportant avec lui les odeurs mélangées du châtaigner et du chêne, de l’herbe écrasée sous les pas et de l’étable voisine. L’esprit des anciens semble danser au dessus des cimes, libéré lui aussi par la douceur infinie de ce jour neuf. Même la souche sèche, qui de mémoire d’homme, jamais ne bourgeonna, semble gonflée de sève et prête à refleurir. Un âge d’or perdu ou retrouvé, un paradis originel que tant d’hommes ont rêvé et qui renaît sous nos yeux.
Serais-ce moi qui ai changé ? Moi ? Peut-être en fin de compte… Pourquoi pas moi ? Aurais-je ouvert les yeux plus grands qu’hier ? Je me sens si légère, tout me parait nouveau, plus intense qu’avant. Une sorte de grâce a touché chaque chose et peut-être suis-je la seule à le voir… Mais non, ces sourires que je vois, hier n’existaient pas, ces chants que j’entends au loin dans les rues, je les entends pour la première fois. Et le marteau du forgeron qui semble aller en cadence. Et les cris de joie des enfants qui font écho à ce concert. Puis le vent dans les arbres, comme une flûte de pan… Pan qui ne doit pas être loin… peut-être est-ce lui qui mène la danse aujourd’hui. Tout s’enchaîne et s’entremêle dans une parfaite harmonie. Ça ne peut pas être humain. C’est bien trop parfait. Une coccinelle s’est posée sur ma joue. Elle me fait loucher, mais elle est si douce, si fine… hop, elle a rejoint le ciel… Parfois le silence est profond puis, brusquement, des cloches, des voix, une abeille qui passe en bourdonnant. La vie et son vacarme rassurant, plein de joies et de peurs enlacées.
Ce matin dans mon bol, le lait chaud est tombé de la casserole comme une tache d’encre sur ma feuille. Mais avec cette bonne odeur, jaunâtre et maternelle. A travers la vitre, la forêt de sapin ondulait. Le lait fumait. Derrière les volutes sucrées, les arbres prenaient vie et bourgeonnaient lentement. Le bruit de la cuillère tournant dans le bol, comme un couteau qu’on aiguise sur une meule. Bruit répété, rond, réconfortant.
A présent dans les rues c’est l’air frais qui caresse ma peau, le soleil qui m’éblouit et les sapins, là-bas, sont figés sous cette lumière dorée… Si j’avais mes pinceaux ! Et si, et si, et si… Je ne pourrais ouvrir plus grand mes yeux, mais je ne peux embrasser d’un seul coup d’œil tout le paysage. Les ruelles pierreuses me tendent les bras, une invitation à la ballade. Me reviennent en mémoire les déambulations de Lalla, héroïne du roman Désert de J M G Le Clézio. Lalla, enfant du désert, se promenant sur les chemins de la vie comme dans les rues de son village, avec ses passages à gué où les robes sont retroussées pour ne pas les mouiller, près desquels les jeunes garçons se cachent pour voir passer les femmes, jambes nues à mi-cuisses. Lalla arrivant à Marseille, contrainte de vivre dans les réduits les plus sordides, au plus profond de la misère et de la détresse. Lalla rentant au pays, accrochée à une branche de figuier mettant au monde son fils comme sa mère l’avait mise au monde, une vingtaine d’années plus tôt… Et pour un instant le soleil est plus lourd, le vent se fait moins frais, les bruits plus sourds. Et ce ne sont plus mes rues que je vois, mais les siennes et ce n’est plus avec mes yeux que je regarde mais avec les siens…
Puis une goutte d’eau fraîche à mon épaule me sort brusquement de ma rêverie orientale… des enfants qui s’éclaboussent à la fontaine, en riant très fort. Quoi de plus beau que ces rires là ?
Serais-ce moi qui ai changé ? Non pas vraiment, mais aujourd’hui est un de ces jours magiques où l’on prend conscience du bonheur présent, où le passé et l’avenir n’ont soudain plus aucune importance. Tout m’étreint tendrement : les murs, les arbres, les gens, les sons… tout m’est doux. Je vais glisser sur ce jour lent, le déguster, Je vais laisser le temps suspendu où il est pour profiter de la torpeur heureuse du moment.
Quant à demain… mais quel demain ?
Article Itinérêves n°22 ( Septembre 1999 )
Ballade nantaise
Ne dites jamais à un Nantais qu’il est breton ! Vous ne vous en feriez pas un ami. Pourtant, pour un Niçoise comme moi, Nantes a déjà un petit avant goût de Bretagne, l’océan en moins.
Déjà du gothique à tous les coins de rues, la cathédrale, l’église Saint Nicolas. Une vague impression de faire un petit tour dans un Moyen-Âge non encore révolu, remis au goût du jour, avec des adolescents estampillés « Nike » ou « Champion » déambulant lentement dans des rues étroites qui ont gardé tout leur charme médiéval sous la pierre sombre du pays. Des petits places partout et sur l’une d’elles, l’une des plus vieilles bâtisses nantaises : la Maison du Change, auberge à la croisée des chemins de l’art et de l’histoire. Qui n’est pas allé prendre un café à la Maison du Change n’a pas senti le cœur de Nantes. Ambiance feutrée, tapisseries contant jours de chasse et banquets, musique médiévale, tables et bancs de bois façon taverne, banquettes tapissées…un voyage intemporel à travers l’esthétique et l’art. La ville entière est un appel pour le regard de l’artiste, de l’architecte, de l’écrivain ou du spectateur contemplatif. La vie semble s’y écouler au ralenti, paisiblement, au rythme de la Loire qui ondule sereine.
Mais c’est au premier pas timide dans la cour du Palais Dobrée que cet avant-goût de Bretagne devient plus fort : au cœur de ce palais, protégé par des ours de pierre, le cœur d’Anne de Bretagne autrement appelée Sainte Anne. Au centre d’une pièce, petite, dénudée, cette boîte en or, en forme de cœur, rappelle l’époque où elle contenait celui d’une certaine Anne dont l’histoire se souvient encore.
La Bretagne a commencé pour moi aux portes de Nantes avec la platitude de la terre. Platitude impressionnante pour qui est habitué à trouver les alpes derrière ses carreaux. Platitude brumeuse, parfois, d’un brume qui n’existe pas ailleurs. Une brume presque rassurante, comme une manifestation divine. Une terre à perte de vue, à en perdre la raison. Une terre belle et mystérieuse comme le peuple qui l’habite.
Nantes, où je pensais n’être jamais venue et où je me suis pourtant sentie de retour…
Article Itinérêves n°22 ( Septembre 1999 )
Voyage vers le Ladakh (rêve ou réalité ?)
Du rouge, du rouge en arrivant. Tout d’abord cette lumière particulière qui donne ce rouge aux choses qui l’entourent. Puis tous ces ocres à côté. Moins prétentieux, plus doux. Plus nobles peut-être et les odeurs appellent au calme. Un calme bouillonnant d’odeurs, un calme chaud et sensuel. Un repos charnel.
Je crois que c’était un marché. Je crois avoir vu des fruits secs et des graines. Des poudres de toutes sortes. Des épices qui envahissaient ma tête. Les clairs-obscurs d’une cour enflammée de soleil. Du jasmin. Des piments. Odeur de thé qui plane. Tout ce que je ne savais pas savoir. Révélateur insondable, voyage. Tout le bonheur de l’incongru auquel on s’attend pourtant. Tous ces pays étranges que nous portons longtemps en nous comme on porte un enfant et qui nous font soudainement accoucher de nous-même. Je n’y étais jamais venue et pourtant j’y étais chez moi. Réminiscence d’autres vies ? Espoir de vivre un jour hors de soi une vie différente ? Sur ce marché j’étais pourtant chez moi ! Si froid l’hiver, si chaud l’été, ce pays est à moi, il me revient de droit comme tous les autres ! Ses enfants sont mes frères, ils ont grandi dans mes rêves. Leur avenir se love dans ma mémoire et se mêle au mien.
Des dieux improbables me protègent, me montrent le chemin. Les dieux de ce pays, de notre pays. Colorés et effrayants. Masqués. Dansants.
Du rouge, du rouge en arrivant. Cette délicate odeur de curry et de thé mêlée. La finesse du jasmin. Tache blanche sur fond rouge. La peau cuivrée de mes frères. Leurs yeux d’or au soleil. L’or de ma chevelure, ma tête posée entre leurs mains. Maquillages dentelés sur leurs fronts de statues. Saris éclatants.
L’Indus s’écoule non loin de mon rêve, un enfant marche sur un fleuve gelé pour rejoindre l’école. Des prières pour descendre avec l’accord divin ce serpent de glace blanche. Demain sera semblable à aujourd’hui, à hier, immuable loi. Et mon rêve irascible suit le fleuve dans sa course lente…
Article Itinérêves n°22 ( Septembre 1999 )
Texte de l’atelier d’écriture , fête de la poésie, La Trinité 1999 avec Kathy Rémy
Je suis partie depuis longtemps sans même pouvoir te dire où. Mes pas à tes côtés étaient ceux d’un funambule. Mais où étaient mes rêves ? Et puis comment te dire en si peu de temps, sur un quai bruyant, sur le pas d’une porte, ce qu’en plus de dix ans tu n’as pas su entendre ? Comment enfin te parler ? Pourquoi t’expliquer trop tard ce que tu ne veux pas savoir. Se tenir par la main sur une plage déserte, regarder ensembles un programme télévisé, cela suffit à ton bonheur. Bien peu de choses pour moi en vérité. Une certaine sensation de sécurité et un peu de tendresse. Surtout ce sentiment d’être seul à deux. Comment ne pas basculer, louper le fil et choir ? Comment ne pas voir les regards enflammés, pleins de vie, la passion qui entoure toute chose et qui depuis toujours a fuit ton âme molle. Comment ne pas s’éveiller en criant pour briser le vide immense qui nous entoure, qui nous étouffe, qui nous étreint en un baiser morbide. Mais où étaient mes rêves ? Je t’ai été fidèle, oui, mais je trompais mon âme jusqu’à la faire mourir.
Mais une mouette est passée ce matin là. Un cri d’enfant a jailli. Une goutte d’eau a réveillé ma main. Ma main a essuyé mes yeux. Mes yeux ont regardé mon cœur. J’ai eu peur ! J’ai fuit l’inertie. A quoi bon te l’expliquer ? J’ai fuit comme on cri, j’ai fuit comme on vit !
Où je suis ? Qu’importe. Quel âge j’ai ? Tous les âges de la liberté retrouvée. Funambule j’étais, funambule je suis… mais aujourd’hui je marche sur un fil de joies. Mes larmes sont diamants, je ris des perles d’or.
Oui j’ai choisi ma vie, un matin, soudainement. Désormais je choisirai. Et j’emporte mes rêves intacts sous une plume d’insecte téméraire dans un vent d’écume et de cris, au creux d’un rire d’enfant taquin.
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